Même s’il est vrai qu’avec le temps, les sentiments s’apaisent, on apprend à vivre cette nouvelle vie, il y a des moments où resurgissent ces événements. Déjà les 18 ans de mon grand ont été un moment avec des sentiments ambivalents. Bien sûr, je suis contente de voir le jeune homme épanoui qu’il est mais c’est injuste de fêter cela sans son père et sans son frère.
Et puis la procédure est toujours en cours. J’ai une avocate qui m’apporte une aide précieuse mais l’administration française n’est pas toujours simple et des petits détails ravivent les souvenirs et les rancœurs. Ayant eu un certain nombre de documents suite à la procédure judiciaire, je n’ai pas pu m’empêcher de chercher sur les réseaux si je trouvais des informations sur les auteurs de l’accident… sans succès. J’attends maintenant le compte rendu final du procès, ce sera pour cet automne je pense.
Cet été, nous étions en Italie… J’ai conduit là bas et au-delà de l’angoisse que ça a pu parfois générer même si globalement ça s’est bien gérée, ça m’a mise en colère. Les italiens conduisent sans aucun respect des règles : vitesse excessive, franchissement permanent des lignes continues, aucun respect des distances de sécurité… C’est hallucinant ! Je comprends mieux ce qui nous est arrivé et ça me met en colère. Je sais que ce qui nous est arrivé est accidentel mais quand je vois leur mode de conduite, je me dis qu’au final ce n’est pas totalement accidentel, leur conduite est un peu criminelle et ça m’a mise en colère. Notre accident aurait pu être évité si les auteurs avaient respecté le code de la route… à coller les voitures avec une vitesse excessive, particulièrement la nuit, forcément la moindre erreur d’inattention peut se terminer tragiquement…on en a fait les frais. Je sais qu’ils étaient perturbés, je ne sais pas comment ils vivent actuellement avec cette culpabilité d’avoir tué un enfant et par « ricochet » également un homme, mais eux ont toujours leur famille auprès d’eux et moi je dois faire sans.