Avec les rapatriements et formalités administratives, on a eu le temps pour les organiser. Plus de 2 semaines. Au début, ça me faisait pester mais au final, ce temps m’a fait du bien. Le choc a été brutal alors cette période m’a permis de réaliser, de prendre conscience de leur absence. Et puis cette période entre un décès et les obsèques est très particulière comme si le temps s’arrêtait. Il y a un avant et après obsèques, on le ressent beaucoup par rapport aux autres. Après les obsèques, chacun reprend sa vie…entre les deux, les gens osent moins.
Honnêtement, les célébrations étaient belles. On a fait 2 célébrations différentes car je ne souhaitais pas que les copains de classe, leurs parents, les élèves de mon mari viennent aux obsèques. Les deux fois, l’église était pleine. C’était triste et beau à la fois. Par moment, je me sentais portée…par quoi ? Je ne sais pas … Par eux ? Par tous nos amis qui pensent à nous ? je ne suis plus sûre depuis longtemps de croire en quelque chose, même si je me dis que ce serait plus facile. On ne voulait pas de discours, d’hommage à l’église mais j’ai tenu à en faire un. Ça me semblait si important. Je n’ai pas pu leur dire correctement au revoir, c’était un moyen de le faire.
Je reste encore surprise par la mobilisation de tous…famille et amis proches bien sûr mais aussi tous ces amis plus lointains, les collègues, les enseignants, les voisins. Notre drame en a touché beaucoup, une vraie vague de soutien s’est organisée…même si j’ai toujours été consciente que ce n’était que temporaire, ça m’a fait du bien dans cette période.